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[Tribune] « Les bénévoles, le cœur vivant de nos communes »

Dans une tribune, Gaël Hamayon, premier adjoint au maire de Porspoder (29), chargé de la culture, des associations, de la communication et des relations avec les artisans et les commerçants, donne son point de vue sur le bénévolat dans nos communes.

Nous vivons dans un monde où tout semble pouvoir se mesurer : le temps, la performance, l’efficacité, la rentabilité. Nous évaluons, comptons, comparons. Et pourtant, une chose échappe à tous les calculs : le temps que l’on choisit d’offrir aux autres. C’est ce qui me touche le plus chez les bénévoles. Ils offrent ce que nous possédons de plus précieux. Non pas de l’argent ou un bien matériel mais quelques heures de leur vie. Des heures qu’ils auraient pu garder pour eux ou pour leurs passions.

Rien ne les y oblige. Ils le font simplement parce que cela a du sens. Donner de soi est devenu rare. Non parce que les femmes et les hommes seraient moins généreux mais parce que nos vies sont de plus en plus remplies. Nous courons après le temps. Dans ce contexte, choisir d’offrir une part de sa vie à des personnes qu’on ne connaît même pas est un acte d’immense générosité.

Le bénévolat n’est pas seulement une aide apportée à une association. C’est une manière d’habiter le monde, qui rappelle que l’on ne vit jamais seulement pour soi. Il montre que chacun peut contribuer, à sa mesure, à rendre la vie des autres un peu plus belle et fraternelle.

En tant qu’élu, j’en suis le témoin presque quotidien. Je vois ces femmes et ces hommes arriver avant tout le monde et repartir après les derniers. Ceux qui installent, accueillent, font les crêpes, rangent et nettoient. Ils savent simplement qu’un territoire ne vit que parce que certains s’y consacrent.

Nous parlons souvent de cohésion sociale ou de citoyenneté. Les bénévoles, eux, les vivent. Leur engagement est une réponse silencieuse aux inquiétudes de notre époque. Il montre que la solidarité n’est pas naïve et que la fraternité se traduit par des gestes simples : tendre la main, ouvrir une porte, accueillir.

À Porspoder, nous en avons eu une magnifique illustration cet été. Le festival Esti’vent a accueilli plus de 25 000 visiteurs. Derrière cette réussite, 235 bénévoles du comité des fêtes, rejoints par 107 cervolistes. Plus de 300 personnes réunies. Ce chiffre raconte la capacité d’une communauté à se rassembler pour offrir de la joie. Cette histoire est celle de milliers de communes. Derrière chaque fête ou manifestation solidaire, il y a des visages de l’ombre et des heures que personne ne compte. Il y a des femmes et des hommes qui choisissent de faire passer le « nous » avant le « moi ».

C’est ce que le bénévolat nous enseigne de plus profond. Il nous fait comprendre qu’une commune n’est pas seulement un territoire administratif. C’est une communauté humaine où l’on partage davantage qu’un code postal : des souvenirs, des émotions. Et rien de tout cela ne peut exister durablement sans une part de responsabilité collective. Nous parlons souvent de cohésion sociale ou de citoyenneté. Les bénévoles, eux, les vivent. Leur engagement est une réponse silencieuse aux inquiétudes de notre époque. Il montre que la solidarité n’est pas naïve et que la fraternité se traduit par des gestes simples : tendre la main, ouvrir une porte, accueillir. La force d’un territoire, c’est ce que l’on y partage. À toutes celles et ceux qui donnent un peu de leur vie pour embellir celle des autres, je veux dire ma reconnaissance sincère. Vous entretenez une conviction précieuse : nous avons encore besoin les uns des autres. Votre engagement est notre plus belle raison d’espérer en l’avenir de notre vivre-ensemble.